Le Musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun participe cet automne à la quatrième édition du festival AR(t)CHIPEL, organisé par la Région Centre-Val de Loire en partenariat avec le Centre Pompidou. À cette occasion, le musée accueille un ensemble exceptionnel de mobiles d'Alexander Calder (1898-1976), figure majeure de la sculpture moderne, dans le cadre du parcours régional « Calder au cœur de la France », qui célèbre le centenaire de l'installation de l'artiste en France.
Pensé comme une rencontre entre les collections nationales et le patrimoine régional, le festival AR(t]CHIPEL déploie les oeuvres de Calder dans quinze musées, monuments historiques et centres d'art du Centre-Val de Loire. Un territoire avec lequel l'artiste est intimement lié depuis son installation à Saché (Indre-et-Loire) en 1953, où il conçoit, une grande partie de ses stabiles monumentaux réalisés avec les établissements Biémont de Tours.
À Issoudun, le choix du Musée de l'Hospice Saint-Roch s'inscrit naturellement dans cette dynamique. Reconnu pour la richesse de ses collections, qui vont de l'archéologie à l'art contemporain, le musée mène depuis de nombreuses années une politique d'expositions consacrées aux grandes figures de l'art moderne et contemporain. L'oeuvre de Calder trouve ainsi toute sa place dans un musée qui fait de la confrontation entre patrimoine et création l'un des fils conducteurs de sa programmation.
Du 15 octobre 2026 au 18 avril 2027, le musée d’Issoudun présente quatre mobiles emblématiques provenant des collections du Centre Pompidou :
Fish Bones (Arêtes de poisson) (1939),
Mobile (1949),
Deux vols d'oiseaux (1954) et
Mobile sur deux plans (1962). Ensemble, ces oeuvres permettent de mesurer l'évolution du langage plastique de Calder, de ses premières compositions inspirées du monde organique à des constructions toujours plus épurées, où quelques lignes métalliques, des formes colorées et un équilibre minutieusement calculé suffisent à mettre l'espace en mouvement.
En 1931, Alexander Calder (1898 1976) invente une sculpture abstraite fondée sur le mouvement réel. Ces œuvres cinétiques sont baptisées « mobiles » par son ami Marcel Duchamp. D’abord mus par des moteurs, les mobiles deviennent bientôt des suspensions réagissant au moindre souffle d’air et à leur environnement. Sous leur apparente simplicité, ces graciles sculptures allient la rigueur du sculpteur et la sensibilité du poète. Calder assemble des tiges métalliques et des plaques de tôle légères, ajustées intuitivement, de manière à obtenir un équilibre instable. Si certains mobiles rappellent des feuillages ou des arêtes de poisson, ils composent pour Calder un ballet abstrait de formes, sans cesse renouvelé. Rompant avec l’immobilité et la massivité de la statuaire classique, Calder érige le vide, l’équilibre et le mouvement en principes fondateurs de la sculpture moderne. À propos de ces œuvres révolutionnaires, Jean-Paul Sartre écrivait en 1946 : « Ses mobiles ne signifient rien, ne renvoient à rien qu’à eux-mêmes : ils sont, voilà tout ; ce sont des absolus. »
Le musée présente dans son hall d’accueil une œuvre du sculpteur tchèque Stanilav Kolibal, Construction XVIII, dépôt de l’atelier Calder suite à une résidence de l’artiste à Saché.
Max Ernst, autre artiste mis à l'honneur cette année pour ARTCHIPEL, est également représenté au musée d'Issoudun. L'œuvre intitulée
Microbe vu à travers un tempérament (1964-75), à la silhouette élancée (+ 3 mètres), est installée dans le Parc de sculptures depuis 2020, dépôt du Centre Pompidou - MNAM-CCI, Paris.
Légende du visuel :
Alexander Calder, Mobile sur deux plans, 1962
Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris.
©2026 Calder Foundation, New York / Adagp, Paris 2026